UN VIN DE TERRE LIBRE COMME L’AIR
Un vin de terre
verre de vin

Un vin de terre ~ Le vin ~ L’embouthabillage

L’embouthabillage

Néologisme, quand tu nous tiens, c’est amusant, tu ne veux plus nous quitter, comme une seconde peau, comme la bouteille avec le vin. L’avantage avec l’embouthabillage, c’est que ça regroupe , selon nous, différentes étapes, auxquelles on a inclus l’encartonnage.

L’embouteillage

Cette opération consiste à « emprisonner » le vin dans une bouteille. Même si le terme peut apparaître négatif ou incongru, il s’agit bien de cela. En effet, l’embouteillage revient à faire glisser le vin, avec son consentement (la prison est dorée avec vue sur l’extérieur), dans un contenant pour l’empêcher de s’écouler (ce qu’il aurait naturellement tendance à faire en y perdant la vie), tout en lui permettant de vivre, d’où le rôle essentiel joué par « ce qui va fermer la bouteille ».

Pour combiner notre souci écologique et la sécurité nécessaire qu’il faut offrir au vin et au consommateur, nous avons choisi des bouteilles qu’on peut qualifier de demi-lourdes (ou demi-légères) pour la majorité de nos cuvées. Une bouteille bordelaise « apparat » est réservée à nos cuvées spéciales. Nos grands liquoreux blancs et rouges sont quant à eux mis en demi-litres, afin de préserver la sécurité du consommateur, qui peut ainsi plus facilement terminer le flacon, sans avoir l’ivresse (mais néanmoins la joie de vivre), ainsi que celle de sa bourse (ces vins étant d’un prix plus élevé). L’ensemble de nos bouteilles est en verre, matériau neutre qui n’apportera pas de « goût » exogène au vin, y compris ce qu’on qualifie parfois de goût de lumière puisque le verre est teinté assez fortement.

L’embouteillage lui-même est assuré par nous-mêmes, à la « propriété », manuellement et, la plupart du temps, à l’unité, c’est-à-dire, bouteille par bouteille.

Auparavant, le vin aura été soutiré du fût, pour la seule fois de sa vie, et se sera reposé plusieurs mois en cuve, ce qui évite tout collage et/ou filtration. Certaines cuvées sont même embouteillées directement de leur contenant en bois ou en verre, sans passer par la case soutirage.

Une fois la bouteille emplie, elle est fermée par un bouchon de liège naturel. Il s’agit ici que le vin puisse encore respirer au travers de cette matière noble et non synthétique.

Le choix du bouchon est essentiel car c’est lui qui dorénavant, après le bois, va permettre au vin (naturel) de continuer à vivre. La longueur du bouchon est, d’après les spécialistes, moins importante que sa largeur et disons le que sa qualité. Nos bouchons sont de la qualité extra, c’est-à-dire au-dessus des qualités 1er choix et super. Leur marquage est fait uniquement sur le roule et non en bout afin d’éviter tout contact d’une encre, même alimentaire, ou de molécules empyreumatiques avec le vin.

Lors du bouchage de la bouteille, chaque bouchon est miré, afin de rejeter ceux qui ne nous conviendraient pas et le bout le plus qualitatif est mis en contact avec le vin.

L’habillage

Nos bouteilles sont stockées couchées en pile dans notre chai et nous en habillons de petits lots au fur et à mesure des ventes. L’habillage va consister à recouvrir le bouchon pour le protéger, à parer la bouteille d’une étiquette et à apposer la possibilité pour la bouteille de circuler, avant de la placer dans un carton de transport.

L’habillage du bouchon se fait par cirage ou galipotage1. Outre la protection du bouchon, son cirage va permettre d’éviter le développement de micro-organismes à sa surface, voire son attaque et sa déliquescence. La protection nous semble ici plus efficace qu’avec une capsule, qui laisse toujours une certaine place à l’air et à l’invasion. Si le bouchon est ainsi protégé de l’humidité ou de la sécheresse extérieure, son cirage va empêcher toute respiration externe du vin, voire de supprimer ou de limiter les « couleuses ». C’est pourquoi il convient selon nous de n’effectuer le cirage qu’au fur et à mesure, pour laisser au vin le temps de s’affiner encore éventuellement en bouteille, ou bien lorsque l’on devine qu’il est suffisamment mûr et que la poche d’air entre le liquide et le bouchon représente le volume nécessaire à sa juste oxydo-réduction. Il convient d’ailleurs de tenir compte du fait que nos vins ont été réalisés sans apport de soufre externe et que le vieillissement du vin, d’après les scientifiques, est surtout dû à la phase réductrice.

Chaque « capsule » (car il n’est nul besoin de recouvrir tout le goulot de la bouteille mais plutôt de n’utiliser que la QSP2) de cire est ensuite recouverte d’un pion fiscal autocollant qui matérialise le paiement par le producteur du droit de circulation de la bouteille. Même si on peut regretter l’aspect visuel ainsi finalisé du haut du flacon, ce pion va permettre à la bouteille de quitter l’entrepôt du producteur.

Auparavant, la bouteille aura été habillée par une étiquette, qui doit notamment préciser son contenu. Au-delà des mentions légales, nous avons voulu faire figurer sur nos étiquettes le maximum de précisions sur l’itinéraire viti-vinicole et sur ce qui peut être l’itinéraire gustatif du vin.

Chaque cuvée est identifiée par un nom composé figurant au centre de l’étiquette. Ce nom est tout à la fois symbolique et caractéristique du vin : il intègre le caractère dominant de la cuvée ou du millésime, ce qui l’a façonné, et l’appellation du lieu-dit. Tout un programme résumé en quelques mots tels que : la rosée rouge des Gasneries, la quinte essence de lumière des Guerches, la pure sève du Paradis.

Dans un souci de transparence et une volonté d’informer le consommateur, nous osons aussi écrire que nos vins sont de (bonne) table, qu’ils contiennent 100% de jus de raisin fermenté et qu’ils sont vinifiés sans sulfitage... et parfois, par exemple, qu’ils font 16% d’alcool acquis ou que ce sont des rouges secs tendres puisque nous ne sommes, nous, que des apprentis vignerons et paysans.

Enfin, peut-être, les étiquettes de nos vins de terre sont faites par nos soins, avec notre matériel d’impression, sur du papier recyclé. Désolé donc pour les vitalphilistes mais nous leur déconseillons de les décoller avec de l’eau car ils n’obtiendraient alors qu’un buvard imbibé d’encre. Pour leur plaisir, nous faisons tout pour que nos étiquettes se décollent facilement… mais pas trop.

Avant expédition ou retiraison au chai, les bouteilles sont regroupées par six. Elles sont ainsi logées dans des contenants en carton épais et neutres. Ces contenants permettent à la fois de les protéger efficacement lors de leur transport et d’éviter de faciliter toute curiosité quant à leur contenu.

Toutes ces opérations requièrent du temps et de la main d’œuvre mais elles sont le gage d’une conservation optimale du produit et des plaisirs qu’il procurera. La parole sera ensuite à l’acheteur, au conservateur, au sommelier et au dégustateur, ces différentes personnes pouvant n’en être qu’une mais chacune ou chaque étape ayant une part de responsabilité dans le devenir du vin.

1 Il faut lire ce qu’en écrit l’érudit Jean-Pierre Amoreau du château Le Puy à Saint-Cibard.

2 Comme dans les notices de médicaments, il s’agit de la « Quantité Suffisante Pour »

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Des bouteilles étiquetées et cirées manuellement à l'unité.